Tout d’abord, nous souhaitons à tous les clients de tousPrimeurs une belle et heureuse année 2008 !
Comme vous l’avez sans doute constaté, depuis le 7 janvier 2008, nous avons remplacé la pomme Cox’orange par la Belle de Boskoop car nous avons observé que la conservation du fruit n’était plus satisfaisante.
En effet, à chaque variété correspond une période de commercialisation. Parmi les variétés de fin de saison produites en Ile-de-France figurent Pinkiss, Jonagored et Braeburn.
La Belle de Boskoop est une variété plus acidulée ayant, en particulier, un bon comportement à la cuisson.
A bientôt !


bonjour,
dans le panier Cuisine il est fait mention de pommes et poires de second choix, vous expliquez les raisons de ce classement. J’aurai une requête et une question.
Serait-il possible de connaître la famille de ces pommes et poires, pour les pommes est-ce des gala, des canada etc.
Par ailleurs pouvez-vous nous confirmer que la raison de ce déclassement est simplement un problème esthétique ou de calibre mais pas de qualité nutritionnelle, gustative ou de culture (plus intensive au lieu de raisonnée par exemple).
Merci beaucoup pour ces précisions.
Patrice
Je vais vous répondre sur les deux sujets bien légitimes que vous évoquez.
En Ile-de-France, la plupart des pommes et des poires sont récoltées entre septembre et octobre, même s’il existe des variétés récoltées en août (Delcorf) et novembre (Pinkiss).
Les fruits sont récoltés en caisse ou palox et sont stockés en chambre froide pour être conservés afin d’étaler leurs commercialisation. La commercialisation simultanée de toutes les poires et pommes ne serait bénéfique, ni pour le consommateur (qualité déplorable des fruits) ni pour le producteur (pertes économiques garanties).
Une fois récoltées les pommes sont précalibrées et stockées en chambre froide. Cette opération de précalibrage, non conseillée pour la poire du fait de sa fragilité, a pour effet d’être mieux réactifs durant la commercialisation. Au cours de cette phase de précalibrage, les fruits de très petit calibre sont classés dans la catégorie “second choix”.
“Bonjour Monsieur Gaillard, je voudrais 30 colis de pommes Chantecler 80/85 pour demain 7h00″. Il nous suffit alors de sortir une palette de caisses Chantecler 80/85 de la chambre froide et de conditionner les 30 colis commandés. Au cours de cette phase de conditionnement, des fruits sont classés dans la catégorie “second choix” pour des raisons liées à leur aspect (défaut de leur peau).
Ces fruits dits de second choix sont tout à fait commestibles et ont été cueillis sur les mêmes arbres que les autres fruits.
Nous n’avons pas un verger dédié aux fruits de second choix !
Vous avez compris que ces pommes de second choix ne sont pas classées par variété et cela nous empêche de planifier les variétés de second choix présentes dans les paniers CUISINE.
En ce qui concerne les poires, je rappelle que nous ne les précalibrons pas. Les poires, une fois récoltées, sont stockées par palette d’une quarantaine de caisses en chambre froide entre -1°C et -0.5°C. Elles sont ensuite conditionnées pour être commercialisées. Cette phase de conditionnement permet de mettre de côté les fruits de petit calibre et les fruits présentant des défauts de peau. Ces fruits sont ensuite remis en chambre froide.
Les variétés de poires proposées en second choix sont toujours la comice et la conférence. En effet ce sont les deux principales variétés que nous proposons (avec William et Louise-bonne). Toutefois, les derniers paniers CUISINE ne contiendront que la variété Conférence, la variété Comice ne se conservant pas aussi longtemps que sa consoeur.
J’espère avoir répondu à vos interrogations et reste disponible pour approfondir ce sujet comme d’autres.
Bonjour et merci pour votre réponse très complète.
J’aurai encore une dernière petite question.
Du fait de l’utilisation de pesticides il est maintenant souvent recommandé d’éplucher les fruits avant de les consommer.
Est-ce que malgré votre choix d’agriculture raisonnée (donc qui n’empêche pas d’utiliser des pesticides mais dans une mesure moindre) vous conseillez vous aussi d’éplucher vos fruits ?
Je vous remercie.
Patrice
Bonjour Patrice,
Vaste sujet mais Ô combien sensible !
La pratique de l’agriculture raisonnée limite de façon significative la quantité de produits phytosanitaires - les médicaments des fruits et des arbres - dispersée dans les vergers. Par conséquent, il subsiste sur la robe de chaque fruit une quantité très faible des produits phytosanitaires utilisés durant la campagne.
Il faut savoir que chaque produit phytosanitaire a fait l’objet d’une procédure d’homologation très lourde, comprenant bien évidemment un volet sanitaire, élaborée par un ensemble d’acteurs dont l’Etat.
En particulier, l’homolagation met en évidence, pour chaque produit, la quantité par hectare à utiliser, l’équivalent de la “posologie” de nos médicaments.
Nous sommes des professionnels et notre intérêt est de réussir une intervention. La réussite d’une intervention passe par le strict respect de cette “posologie” :
- Dépasser la quantité prescrite génère un surcoût sans augmenter les chances de succès de l’intervention,
- Utiliser une quantité inférieure à la quantité prescrite ne permet pas de combattre la maladie et nécessite de renouveler l’intervention avec le bon dosage.
Cela étant dit, je suis, comme vous, consommateur d’informations et j’entends, comme vous, des reportages mettant en évidence ici ou là des utilisations abusives de pesticides. Pour prendre l’exemple des bananes, elles présentent l’avantage de devoir être épluchées pour être consommées !
Il me semble que le rétablissement du lien direct entre l’arboriculteur (l’agriculteur en général) et le consommateur permet à ce dernier de connaître l’itinéraire technique des fruits qu’il consomme.
L’établissement d’un lien de confiance doit éclairer le consommateur et l’aider à prendre sa décision et, de ce point de vue, la démarche de tousPrimeurs me semble très intéressante.
En ce qui concerne nos fruits, sachez que nous les mangeons depuis toujours avec leur peau !
Peût-être un dernier point. L’agriculture biologique, dont la démarche me semble tout à fait respectable, ne signifie pas la non utilisation de “médicaments”. Simplement, ces “médicaments” ne sont pas des produits de synthèse. Mais lorsque vous mangez une pomme bio vous absorbez une quantité très faible d’éléments tels que le cuivre et le souffre.
Voilà Patrice, j’espère avoir contribué à vous éclairer dans votre prise de décision et reste disponible pour répondre à vos questions.
Dominique